Orsay, ou les chefs-d'œuvre qui se tartinent

Orsay, ou les chefs-d'œuvre qui se tartinent

On entre à Orsay par la grande nef, on lève la tête vers l'horloge, on se dit qu'on a le temps. On a toujours tort. Les tableaux, là-dedans, ne demandent qu'à être regardés ; nous, c'est la suite qui nous intéressait : ce qu'ils auraient donné, si on les avait mis en pot.

Vincent, côté zinc

Il y a dans l'Autoportrait de 1889 un bleu-vert d'eau trouble qui envahit le fond de la toile et déteint jusque sur le visage. Certains y lisent l'angoisse. On y a vu, sans trop forcer, la couleur d'un verre d'absinthe posé sur un comptoir de Montmartre, du temps où Vincent montait et descendait la Butte avec Toulouse-Lautrec. Nous avons gardé l'idée, pas la bouteille.

Ce sont des oranges cuites au chaudron de cuivre, en petites quantités, avec du sucre de canne non raffiné. L'écorce garde son amertume, la chair sa douceur. L'absinthe, elle, entre en liqueur, dosée au plus juste : la cuisson emporte l'alcool, le parfum reste. Elle passe derrière l'orange, on ne la voit pas venir, et elle tient. Voilà La confiture de Vincent, Orange Absinthe, qui change agréablement de la tartine habituelle. Sur l'étiquette, le regard de l'artiste, qui n'a jamais été très commode.

Paul, sur une table qui penche

Cézanne disait vouloir étonner Paris avec une pomme. Il a réussi, et sa nappe froissée à la hâte, son compotier, ses fruits en équilibre sur une table qui ne tient pas droit, sont toujours là pour en témoigner. Nous avons voulu garder ce trouble. D'où La gelée Pomme et Orange : une gelée de pomme limpide, couleur de miel pâle, une touche de fleur d'oranger versée avant la fin, et des zestes fins qui restent suspendus comme des bijoux pris dans l'ambre. Sur la tartine, elle tremble un peu, comme la nappe. C'est voulu.

Et la suite de la visite

Le fil Cézanne se prolonge avec la confiture Poire Coing, et Manet n'a pas été oublié : La confiture sur l'herbe prolonge, à sa façon, le déjeuner le plus commenté de l'histoire de la peinture. Ces pots sont nés d'une collaboration avec le musée d'Orsay et le Grand Palais RMN, et ils se retrouvent côte à côte dans un coffret, ce qui a l'avantage de dispenser d'un choix.

Reste une question que le musée ne règle pas : où ranger, chez soi, un Van Gogh en pot ? Sur l'étagère de la cuisine, entre le poivre et le sel, ou bien en évidence sur la table du petit-déjeuner. Il y survivra rarement jusqu'au dimanche suivant.

Fait à Paris

Chaque pot est conçu artisanalement
dans notre laboratoire à Paris

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